Le bilan carbone d’une maison Homaj

Les émissions de gaz à effet de serre liées au logement représentent encore une grande partie de l'empreinte carbone des particuliers en France. Nous détaillons dans cet article la méthode de calcul pour l'une de nos maisons.

Selon l’ADEME, un français moyen émet ainsi environ 7 tonnes de CO2 par an, si l’on considère uniquement les émissions de gaz à effet de serre produites en France. Les consommations liées au logement (et surtout au chauffage) représentent près de 30% de ces 7 tonnes annuels, soit 2,1 tonnes annuelles. C’est presque autant que le transport, qui est pourtant beaucoup plus cité lorsqu’on interroge les français à propos des secteurs les plus polluants.

Afin de remédier à cela, la nouvelle réglementation sur les constructions neuves, appelée RE 2020 (Réglementation environnementale 2020), introduit un certain nombre de changements par rapport à la RT 2012 (Réglementation Thermique 2012). L’une des grandes nouveautés de la RE 2020 est d’introduire un indicateur qui mesure les émissions carbone sur l’ensemble du cycle de vie de la maison, de la production des matériaux jusqu’à sa démolition.

Comment calculer le bilan carbone d’une maison individuelle ?

La première étape du bilan carbone est de réaliser ce que l’on appelle une ACV (analyse du cycle de vie), et de faire un bilan des émissions carbone à chaque étape de la vie de maison :

  • La fabrication des matériaux :  les émissions de CO2 lors de la construction sont principalement liées à la production des matériaux utilisés (charpente, murs, isolation, fondations, menuiseries, etc).
  • Le chantier : dans ce poste on compte l’acheminement des matériaux jusqu’au chantier, le transport des intervenants, ainsi que le recyclage des déchets du chantier
  • L’occupation de la maison : lorsque des habitants vivent dans la maison, ils utilisent de l’énergie pour se chauffer, éclairer, etc. On considère dans notre modèle théorique que la maison va être habitée 50 ans avant d’être détruite (mais théoriquement cela peut être beaucoup plus longtemps si elle est bien entretenue).
  • La maintenance : lors des 50 ans de durée de vie théorique, certains équipements vont devoir être remplacés ou réparés (par exemple la chaudière ou encore des panneaux solaires qui ont une durée de vie théorique d’une trentaine d’années)
  • La démolition : les émissions liées à la démolition et au recyclage d’un maximum d’éléments utilisés pour construire la maison

 

Sans rentrer dans les détails, il existe plusieurs façons de réaliser ces calculs : une méthode standard (que nous avons utilisée dans cet article) et une méthode dynamique (celle qui est notamment retenue par la RE 2020), qui pénalise plus les émissions carbone actuelles que celles qui auront lieu dans 50 ans… En clair, utiliser des matériaux carbonés pour construire la maison sera plus pénalisant qu’installer un mode de chauffage polluant.

A quoi ressemble notre maison bas carbone ?

Nous considérons pour cette étude le cas d’une maison de plain pied d’une surface habitable de 90 m² (qui correspond à notre modèle Surya), livrée sans terrasse ni garage. Nous avons fait le choix dans cet exemple de prendre une maison avec une surface habitable moyenne, afin que les émissions liées au chantier et au transport ne soient pas « artificiellement » absorbées par une surface habitable plus importante.

Notre maison est équipée d’une toiture photovoltaïque d’une puissance de 9 kWc, et elle est située dans la banlieue de Bordeaux, avec un accès aux transports en commun. Elle est équipée également d’un poêle à granulés qui est son mode de chauffage principal, car il offre un très bon rendement énergétique tout en garantissant un grand niveau de confort.

Cette maison Surya consomme ainsi en termes d’énergie 50 kWh/m²/an (soit au total 5500 kWh annuels), dont 15 kWh/m²/an sont dédiés au chauffage (soit 1650 kWh/an). Grâce à sa toiture photovoltaïque, elle est en mesure de produire près de 10 000 kWh par an, et auto-consomme 20% de sa production annuelle, soit 2000 kWh.

La maison a été construite à partir des matériaux habituellement utilisés dans nos maisons : réalisés en pin Douglas du Morvan, les murs sont fabriqués dans notre usine partenaire en Haute-Saône (soit à moins de 100 km du lieu de coupe des arbres). Les menuiseries ont été produites en France, tout comme les panneaux solaires. Nos équipes ont également fait le déplacement jusqu’au chantier pour installer la maison Homaj. 700 km ont ainsi été parcourus par un semi-remorque depuis la Haute-Saône pour acheminer les murs, et autant par notre équipe en camion pour venir jusqu’au chantier.

Quelle est l’empreinte carbone des matériaux de construction ?

D’après les calculs réalisés par le cabinet indépendant Recto, auquel nous avons fait appel début 2021, l’empreinte carbone des matériaux de construction utilisés dans la maison s’élèvent à un peu moins de 600 grammes de C02 par mètre carré de surface habitable, soit au total 54 tonnes de CO2 pour l’ensemble du chantier.

A noter : Ce chiffre, calculé à partir des fiches techniques fournies par les fabricants de matériaux et consignées dans la base de données INIES, est certainement plus élevé que la réalité. En effet, en l’absence de fiche technique, nous devons utilisé une valeur par défaut, qui est majorée de 30%. Comme nous ne disposons pas encore de toutes les fiches techniques, certaines Valeurs sont très certainement sur-évaluées.

Ce chiffre comprend notamment la fabrication et l’acheminement sur le chantier des matériaux. Sans surprise, les matériaux les plus polluants sont ceux qui nécessitent une grande quantité d’énergie pour être produits, comme le verre et l’aluminium utilisé dans les baies vitrées, la terre cuite pour les tuiles, l’acier ou encore le ciment, utilisé dans les fondations. C’est notamment pour cette raison que nous réalisons dans la mesure du possible uniquement des plots béton et non une dalle béton si les contraintes techniques le permettent, permettant de diminuer largement la quantité de béton utilisée et l’artificialisation des sols. De même, le PVC, qui est un dérivé du pétrole et le principal matériau dans nos fenêtres a un impact important.

 

Quelle est la part du carbone stocké par le bois ?

En revanche, les matériaux biosourcés, à savoir le bois utilisé en charpente et en ossature, et la laine de bois utilisée comme isolant ont un impact bénéfique sur le bilan carbone puisqu’ils sont fabriqués à partir de végétaux qui stockent du carbone lors de leur croissance, et qui ne sera rejeté dans l’atmosphère qu’au moment de leur destruction.

D’après les calculs réalisés par le cabinet Xpair, une maison similaire en bois de 135 m² stocke 26 tonnes de C02. Une règle de proportionnalité nous donne 17 tonnes pour notre maison de 90 m².

On peut dont soustraire ces 17 tonnes aux 54 tonnes émises du chantier, en grande partie pour la fabrication des matériaux, soit un bilan pour la partie construction de 37 tonnes de CO2 émises.

Qu’en est-il des panneaux solaires ?

Une des principales caractéristiques des maisons Homaj est qu’elles sont équipées de panneaux solaires. Ces panneaux solaires sont produits en France à partir de silicium monocristallin, dans une usine à Saint-Herblain près de Nantes. Ils sont donc produits à partir d’énergie issue du mix énergétique français, et transportés sur une faible distance (quelques centaines de kilomètres tout au plus). D’après les données de l’ADEME, un panneau solaire, utilisé pendant 30 ans produit en moyenne 30 grammes de CO2 / kWh (on considère ici la partie basse de la fourchette car nos panneaux solaires ont une durée de vie estimée à 30 ans et à 20 ans).

Dans le cas de notre maison située près de Bordeaux avec une puissance installée de 9 kWc, elle va produire en moyenne 10 000 kWh par an, soit 324 000 kWh sur 30 ans. On peut donc estimer que le fait d’installer des panneaux solaires sur la maison va émettre environ 9 tonnes de CO2 sur 30 ans.

Le bilan carbone lié au chauffage

Lors de son occupation par des habitants, la maison consommera 5500 kWh d’énergie par an, dont 1650 kWh seront dédiés au chauffage avec le poêle à granulés. A raison de 42 gr de C02 émis par kWh produit, le poêle à granulés émettra un peu moins de 2 tonnes de CO2 sur 30 ans.

Par ailleurs, l’électricité produite par les panneaux solaires va être utilisée pour alimenter la maison (à hauteur de 2000 kWh annuels comme expliqué en introduction, soit 60 000 kWh sur 30 ans). Ce sera donc autant d’énergie qui n’aura pas besoin d’être produite en France (ou importée depuis les pays voisins européens). En considérant le mix énergétique français actuel et les importations ponctuelles d’électricité d’origine européenne (pour faire face aux fortes demandes), un kWh consommé en France émet environ 110 grammes de CO2 (selon la méthode d’allocation utilisée par l’ADEME). Si l’on considère que ces émissions seront stables durant les 30 prochaines années, ce seront donc 6,6 tonnes de CO2 qui vont être économisées.

De plus, le surplus d’énergie produit par les panneaux solaires va être réinjecté dans le réseau, ce qui représente environ 8000 kWh par an (soit 240 000 kWh sur 30 ans). Ce sont ainsi 26,4 tonnes de CO2 supplémentaires qui seront économisées sur 30 ans.

Faisons le bilan

Si l’on additionne et soustrait les différents chiffres évoqués précédemment, voici ce que l’on obtient :

En termes d’émissions de C02:
Chantier : 54 tonnes
Panneaux solaires : 9 tonnes émises
Chauffage au poêle 2 tonnes émis
Total : 65 tonnes

En termes d’économies de CO2 :
Carbone stocké par le bois : 17 tonnes
Production solaire auto-consommée : 6,6 tonnes
Production solaire réinjectée : 26,4 tonnes
Total : 50 tonnes

Cela représente donc un bilan de 15 tonnes de CO2 sur 30 ans, soit beaucoup moins qu’une maison traditionnelle.

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